mystère de la présence, 2012

MYSTERE DE LA PRESENCE, novembre-janvier 2012

Il en aura fallu du temps pour ta main sur la mienne, comme ça, juste posée.
Il en aura fallu du temps pour ne plus confondre ces sourires avec des grimaces.
Il en aura fallu des mots pour tout oublier.
Il en aura fallu des kilomètres pour rentrer à la maison.
Il en aura fallu de la musique pour continuer en silence.
Il en aura fallu du temps pour que tu apparaisses, accident nécessaire
il en aura fallu du temps pour tout cela et il en faudra encore.

 

Mouvement immobile des murs
à l'heure des chats
derrière la porte
ton corps blanc dissout dans un océan obscur
déchiffrer fugitivement le mystère de la présence.

 

Avoir peur de l'autre, de son jugement, de son regard
corps normé, situé.
Du grand brouillard naît la tentation de disparaître à chaque fois lorsque l'autre s'approche. Mais en s'appelant à nouveau, trouver le courage d'être reconnu malgré la souffrance, la douleur de mon corps en papier de verre.

Dans la fuite, l'effacement, l'existence constituée de rendez-vous manqués, sans rien décider, n...e rien choisir, la tristesse en arrière-cour, fidèle et bavarde.

Malgré mon double masque, le cri dans la bouche, pour le chaos de colère, visage de suie, l'absence de lumière face à ton sourire, je m'excuse pour tout ce que je ne peux pas être et parie sur tout ce que je veux être avec toi.

quand le grand vacarme s'arrête
dans la structure du silence,
tu es là
un cri muet sur la bouche

 

l'ombre de l'absence marque les pas
toute l'existence peu à peu
porte pour bouche close
reste le grand mystère reste le grand mystère
sur le front d'inconnus tenter de trouver une réponse solide
regards perdus durs obscurs d'un réel protéiforme, insaisissable
seul le vent du soir gardait la mémoire
neuve
délicate.

A l'aube de nos nuits diaphanes
empruntant une fois de plus ce couloir
contenus par un trop plein d'obscurité
toi, corps blanc, légère,
et cela semblait clair, s'imposait, le rideau soulevé légèrement,
le trottoir encore mouillé de la pluie d'été
la Ville assoupie
cette réalité remplissait son rôle,
était une destination.

A l'ombre de la foule diurne, nocturne,
rien ne nous transcende ne nous ramène à hauteur de bouche
tout au contraire nous renvoie à notre jouet cabossé qui gît là, sur le sol, abandonné.
Comment, pourtant,
se passer de ceci ? de ceux-là ?
Enfermé derrière les murs recevant les messages
y lire son ensevelissement.

  

A la frontière du jour
gardant la mémoire de l'obscurité jusque sous ma peau,
parcourue d'électricité
de néon blanc en néon blanc
d'heure en heure
courant alternatif, fil noir, fil rouge, circuit visible et facile, prise directe, charge nerveuse
dehors, la pluie imperturbable, glissait sur la vitre
l'aurore était déjà là, dehors, nue, arrachant son grand manteau sombre d'un geste désespéré.

sous le soleil éclatant de la Nuit
l'envers des choses.
Tes mots tus.
Mes mots tus.
Ce qui nous sépare et nous rejoint.
Murs de la pensée, chemins du corps
lové au cœur ardent
juste un peu de calme
pour recueillir les cendres de ces heures suspendues
imprimer le rêve incandescent
... sur le fil du noctambule.



Ceux sont ceux que nous avons laissé en chemin
et le souffle du train nous projette plus loin
vacillants
silencieux
de ce silence qu'amène un long bien long voyage
train de nuit désert ou rapide du petit matin
nous,
regardant par la vitre,
rêve, rêve, rêve,
s'effacent les paysages, les visages, du grand naufrage.
... le grand train mystérieux ne s'arrêtera jamais repassant à l'infini
dans les mêmes gares,
contrôleur sans visage
la grande horloge dans le hall n'a plus d'aiguille.

 

Nous nous sommes aimés autrefois.
Nous nous sommes mal aimés.
Trop de souffrance et de folie dans tes yeux bleu pâle.
Nuits d'opale pour ton corps si blanc.
L'express est passé,
toutes lumières allumées,
ton ombre dans ma mémoire s'agrandit.

Pour la représentation
par nos visages et par nos corps
nous jouons à être devant une salle en réalité vide
subtile et bien triste pièce qui se joue là
rideau noir, rideau noir retombe vite
silence s'avance et salue, souriant.

quand tout devient compliqué
quand chaque geste nous engage
la mesure du temps reste, implacable.
Tu danses le ciel au bout de ta main ouverte
le désespoir restera tu.
Derrière la fenêtre effilée de pluie
j'attends.

 

Dans cette existence- là, des liens se tissent, se défont,
s'écoule la tristesse au fond du cœur, ce visage- là,
ces visages- ci en fond de mon décor,
s'écoule s'écoule la tristesse,
dans cette chanson, toute entière,
condensé de la vie, à la fin, tout est joué, je me lève et pars.
Chaque jour est irréparable,
regarde comme l'ombre s'accroit;
nos visages se marquent du passage du temps.
Tant d...e choses à se dire, mon amour et pourtant ma bouche reste close. S’écoule, s'écoule la tristesse,
je ne voudrai pas partir sans te parler encore, sodade.
Au carrefour des rues, léger comme le vent, j'attendais.

 

au détour d'un soir, retrouver l'espoir, tout noir, carbonisé. Espoir à travers la mémoire, une clé possible pour (re)trouver sa place ici et là. Ce vertige sous les pas pour qu'enfin ce qui nous constitue corps et âme devienne notre pain quotidien.

 

A courir d'arrêt en arrêt, les muscles tendus par l'effort
langue arrachée et les mots oubliés
filant filant le long du corridor aux portes métalliques
derrière lesquelles on entendait des rires ou des plaintes,
et tout au bout débouchant sur le rien,
j'embarquais dans une longue voiture noire
qui attendait là depuis longtemps
mon père était son chauffeur silencieux
ma mère élégante, parfumée,
n'arrêtait pas de parler et sourire
tandis que peu à peu bercé par le mouvement
mes paupières se fermaient...

 

 

se décline, se décline les nuances de la mélancolie
s'enroule autour du corps
envahît l'âme
marée noire, lente,
interdit le rire qui sonne faux en un sanglot ravalé
interdit le sourire
se recroqueville le rêve, minuscule, minuscule,
jusqu'à disparaître
la seule lueur s'accroche au temps éternel rescapé

 

 

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