le monde est endroit seul, 2013

LE MONDE EST ENDROIT SEUL

Au travers de la rêverie, derrière la fenêtre effilée d'une pluie légère et fine, porté par une longue digression de notes de piano, s'abandonner, tout entier à cette musique, à ce moment là, comme si celui-ci contenait tous les autres, les échos de la ville tout autour, un scooter, des talons de femme battant le trottoir, le gris en sort transformé, à l'intérieur du réel , nous trouvons des raisons de ne pas désespérer.

 

pendant que tu dors, je ne dors pas et la nuit blanchît lentement.
pendant que tu dors, de la rue se dégage un vacarme qui est une accusation à notre silence.
pendant que je ne dors pas, le silence oublie son nom, le noir se décline en bleu du ciel.
pendant que tu dors, la lune froide et blanche cligne de l'œil sur ton corps immobile.
pendant que je dors, des cavaliers passent au galop, dans la plaine infinie.
pendant que je dors, tu ne dors pas, et la nuit noircit lentement.

 

Soleil revenu. Petit dimanche matin. S'évader, marcher dans les rues inondées de lumière. Cette vie là. Se réfugier dans le parc minuscule et ombragé, laisser ses pensées aller, rêver, à peine troublé par les enfants qui jouent.. Hautes façades de pierre tout autour, austères, sérieuses, visages de pierre, pensées fugitives pour des parents loin là-bas, comme retrouver ses traits dans la glace après un long oubli, des enfants encore, surgissent, toujours, glissent aériennes, légères, ces notes de piano....
A l'ombre du grand mur, il fait froid.

  

Admire petite sœur, les couleurs du ciel après la pluie. Il aura fallu d'un découvert effacé, d'un rendez-vous à venir avec un éditeur pour que la nuit, enfin, quitte mes yeux aveugles. Pour que je pleure comme si c'était la dernière fois, laissant monter une mer de silence, une tempête amère. Aujourd'hui, reprenant, tremblant, le stylo, pour la part du rêve, la seule issue contre la réalité de la matière. La haute grille passée, définitivement, je cours dans les bois, j'ai vu clair à travers les masques et les ronces ont beau déchirer mes vêtements, je cours après le soleil à travers les arbres, en toute liberté, braconnier des mots.

 

 

Marcher jusqu’à la fenêtre, le front contre la vitre froide, se perdre dans les reflets argentés de la pluie, la rivière qui enfle au coin du bitume, relever le bras sur le vinyle de Leonard Cohen, le jour gris s'enfuit déjà, la nuit s'apprête. A ce moment précis d'un crépuscule d'une journée d'automne s'installe confortablement l'idée de la futilité, de l'agitation stérile d'une journée ici. La tension qui tient notre corps, et notre visage, tout se dissout dans la pluie qui roule en bas, nous reprenons notre masque pour obéir au martèlement des jours, au passage du temps. Dans l'appartement vide, j'avais retrouvé une voix.

 

la gouttière percée, dans la rue en bas se répand aujourd'hui, transformant la ruelle en bassin. Inondés les souvenirs, sous l'eau les images, les visages, affleurent les traces. La pluie dégringole sur la fenêtre, à l'intérieur, une lampe allumée pour ramener un peu de chaleur dans l'espace obscurci. Le clic-cloc monotone et fluide d'un écoulement, d'une fuite des jours, sans rémission, sans pardon, rejettant dans le noir d'anciens acteurs. L'automne revient toujours, après le grand oubli aveugle de l'été. Et sa venue surprend le passant attardé qui aimerait encore un peu de soleil. Mais déjà, le temps presse, déjà, le temps s'ennuage. Le stylo levé, au creux du silence, j'étais pénétré de ce gris, de cette pluie douce et tiède, soulevant, légèrement, la carcasse de mon coeur sous-marin.

 

Au fond de la tristesse s'étire une mare noire. En poussant sur ses pieds, après avoir touché le fond, nous cherchons un peu de cette lumière de surface.
Quelqu'un vous parle et soudain, à travers le flux de paroles, de tout son être émane: un cri silencieux. Une topographie d'un naufrage, d'un égarement blessé. Voiture depuis longtemps abandonnée, rongée par les ronces, attaquée de rouille.

de peu de choses,
quelques notes, ces mots posés,
Un café pour idées pas noires.
Palpite, vibrant, vivant, par dessus les toits et à travers les rues
un appel dans le matin.
Ce calme rare à l'intérieur
tu dors encore
je rêve toujours. Eco...

Soleil revenu. Petit dimanche matin. S'évader, marcher dans les rues inondées de lumière. Cette vie là. Se réfugier dans le parc minuscule et ombragé, laisser ses pensées aller, rêver, à peine troublé par les enfants qui jouent.. Hautes façades de pierre tout autour, austères, sérieuses, visages de pierre, pensées fugitives pour des parents loin là-bas, comme retrouver ses traits dans la glace après un long oubli, des enfants encore, surgissent, toujours, glissent aériennes, légères, ces notes de piano....
A l'ombre du grand mur, il fait froid.uter. Etre là, dans la chaleur de la présence à l'autre, l'empathie. Malgrè l'abscence. Malgrè cette chape de solitude sur nos vies urbaines, parquées, séquencées, séparées.
Géné, laisser son regard errer, sur la rue, un enfant, le ciel. Maintenant. Dans un battement de cils, entrevoir, la terrible fragilité d'une existence.

 

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